L'écologie

Roughs Naturels

La biodiversité est un sujet à la mode. Mais le grand public maîtrise encore mal le concept et y associe souvent des grands espaces sauvages, des grandes réserves naturelles... L'idée qu'un golf puisse être le siège d'une biodiversité intéressante a fait néanmoins son chemin et des études de plus en plus nombreuses sont en train de le démontrer. Un golf représente en moyenne une surface de 50 hectares, très souvent près d'une ville. Sauf exception, les golfs sont implantés pour longtemps et parfois depuis longtemps. Aucun golf n'est identique: le climat, la nature du terrain, l'exposition au vent... Il en est de même pour leur faune et leur flore.

Il faut développer l'idée qu'un golf n'est pas seulement un terrain de jeu, un terrain de sport, mais aussi un endroit où l'on trouve une grande variété d'espèces végétales et animales. Les parcours de golf ont aussi un rôle de réserve naturelle, car, sur les 50 hectares en moyenne de superficie, environ 30 hectares ne sont pas mis en jeu et sont laissés à l’état naturel, non entretenus.

De plus, seuls les greens, soit 1 hectare en moyenne de gazon sur 20 hectares, sont entretenus et cultivés de façon intensive. Les traitements phytosanitaires pratiqués occasionnellement et ponctuellement sur les greens représentent de très faibles quantités au regard de celles habituellement répandues pour un usage agricole; car, si on prend pour exemple un champ de blé de 50 hectares, c’est l’ensemble des 50 hectares qui est traité en herbicide, en insecticide et en fongicide.

Rough naturel à gauche des départs du 5

Sur le Golf de Lausanne, une étude effectuée en 2010 par M. Pierre-Alain Ravussin, biologiste et ornithologue de renom, a révélé que le terrain est d'une grande qualité écologique et recèle une variété d'animaux et de plantes remarquables. En effet, les bosquets, haies arborescentes et cordons boisés comptent une grande diversité d'arbres susceptibles d'abriter de nombreuses espèces d'oiseaux et d'insectes.

De plus, l'absence d'arbres morts pourvus de cavités a pu être compensée par l'installation de nichoirs (1 nichoir pour le faucon crécerelle et 14 pour les passereaux). Ces nichoirs sont utilisés par près de 20 espèces d'oiseaux comme, entre autres, quelques espèces de mésanges, de gobe-mouche noir et de sittelle. Ces espèces pourront ainsi profiter du milieu et de l'offre en nichoirs, sans intervenir dans les allées vu qu'elles vivent, nichent et se nourrissent sur les arbres. Le nichoir posé sur le hangar à machines est quant à lui destiné au faucon crécerelle.

Chaque golf est en soit un réservoir de biodiversité d’autant plus riche qu’il reste connecté aux espaces naturels qui l’entourent : les rideaux et bosquets d’arbres de différentes espèces qui agrémentent le parcours, les points d’eau, les zones humides, les prairies sauvages sont autant de corridors écologiques que les différentes espèces vont emprunter pour pouvoir s’y épanouir.

Nichoir
Rough naturel entre le 5 et le 8

Les prairies sauvages ou zones de roughs extensifs participent grandement à la protection de la flore. Elles sont non seulement des habitats de faune mais aussi des habitats pour les plantes indigènes. Ces prairies naturelles font l’objet d’un entretien différencié et leur maintenance se résume à seulement une fauche annuelle. Les coûts d’entretien sont alors très réduits.

Néanmoins, il faut rester vigilant sur le contrôle et l’éradication des espèces envahissantes. Quand ces surfaces sont bien gérées, les espèces natives florifères peuvent s’épanouir avec les graminées en place, ce qui rend ces surfaces visuellement intéressantes.

L’amélioration et le respect de l’environnement naturel pour tous les parcours de golf est important. Les golfs doivent présenter un intérêt écologique pour les joueurs bien sûr, mais aussi aux yeux du grand public. Alors, lorsque votre swing vous aura déçu(e), regardez autour de vous et admirez la nature de notre magnifique parcours si bien fleuri et si bien habité…

Galerie photos